L' EDUCATION,
LES ETUDES
ET L'ENSEIGNEMENT
EN POLOGNE
DESRUES RONAN
FICHE TECHNIQUE
INTRODUCTION :
I) L'EDUCATION
A) Présentation du système éducatif polonais
1) Structures du système éducatif
2) L'école maternelle et primaire
3) L'éducation dans le secondaire
B) La réforme de l'éducation
1) Les objectifs de la réforme
2) La réforme: échec ou succès ?
II) LES ETUDES
A)Présentation
B)Les échanges internationaux
1)Les différents programmes
2)Mobilités polonaises à l'étranger
3)Mobilités étrangères en Pologne
C)L'installation sur le marché du travail
III) L'ENSEIGNEMENT
A)Une profession contraignante
B)Des améliorations notoires
CONCLUSION
ANNEXE
------------------------------------------------------------------------------FICHE TECHNIQUE----------------------------------------------------------------------------------
|
|
Situation géographique
|
|
|
|
||
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
En 1991, les troupes russes quittent le territoire polonais, dès lors, c'est une nouvelle ère qui s'ouvre à la Pologne; de nouvelles structures doivent être mises en place notamment au niveau du système éducatif qui va subir de profondes mutations.
Trois ans plus tard, en Avril 1994, la Pologne demande son adhésion à l'Europe pour finalement y adhérer définitivement en Juin 2004.
La Pologne offre aujourd'hui un fort potentiel économique, mais pour exploiter ce potentiel, ses dirigeants ont du revoir son système éducatif qui se devait d'être plus performant.
A travers ce rapport, nous essayerons de comprendre comment s'organise le système éducatif en Pologne, que se soit du coté des élèves/étudiants que du coté des enseignants, en s'appuyant notamment sur des données statistiques. Le thème de l'Europe sera abordé afin de comparer, d'analyser et d'expliciter les liens existants, au travers du système éducatif, entre la Pologne et les autres pays européens.
Une première attention sera portée sur l'éducation scolaire dans le primaire et le secondaire avec une tentative d'explication des réformes engagées.
Dans une seconde partie, il sera question des études dans le tertiaire (Universités) et des échanges européens qui se mettent en place avec la Pologne, ainsi que des différentes opportunités qui peuvent s'ouvrir aux étudiants après leurs études.
Enfin, nous aborderons le thème de l'enseignement et plus précisément de la situation actuelle du corps enseignant qui reste le lien indispensable pour la transmission du savoir chez les jeunes polonais.
I) L'EDUCATION
A)Présentation du système éducatif polonais:

Le système éducatif polonais actuellement en place est relativement récent, en effet, la dernière grande réforme de l'enseignement date de 1999.
1)Structures du système éducatif
Si
nous analysons la structure de l'enseignement au niveau scolaire et
supérieur dans les pays développés, on peut
distinguer trois formes d'organisation de l'enseignement scolaire
clairement prédominant et trois étapes de
l'enseignement supérieur.
Selon la terminologie polonaise
ce sont : l'école primaire, le gimnazjum et le lycée au
niveau scolaire ainsi que la licence, la maîtrise et le
doctorat au niveau supérieur.
L'entrée dans
l'éducation scolaire obligatoire est précédée
d'une année de préparation avant-scolaire (la classe
zéro) qui pourra se transformer, dans le futur, en un cycle
obligatoire et pourrait être intégrée à la
structure de l'école primaire.
Schéma du nouveau système éducatif polonais

2)L'école maternelle et primaire
Pour ce qui est de l'école maternelle, elle n'est pas obligatoire. Cependant, dès l'age de 6 ans, les enfants ont la possibilité d'accéder à une classe préparatoire à l'école primaire (classe 0 ou zerowka).
L'éducation à l'école primaire dure six ans pour les enfants ayant entre 7 et 12 ans, c'est-à-dire au moment caractéristique du développement de l'enfant. Elle doit se concentrer sur le transfert de connaissances essentielles des enfants et sur leur éducation, en coopération étroite avec leurs parents. Au cours de cette période, le programme d'études est livré en blocs intégrés et non plus sous forme de matières séparées. Étant donné son rôle, l'école primaire doit être localisée le plus près possible de l'habitation des enfants et les parents devraient avoir une influence décisive sur le fonctionnement de l'école. Le cycle de l'enseignement primaire se termine par un test de compétences qui renseigne tous les participants du processus d'enseignement (les élèves, les parents et les enseignants) sur les réussites des élèves ainsi que sur les défauts qu'il faut éliminer. Le test ne détermine pas la sélection aux écoles du niveau supérieur.
L’enseignement
précoce (Source : GUS [Główny Urząd
Statystyczny ])
(année scolaire 2001/2002)
|
Age des enfants |
Population totale |
Enfants scolarisés |
% de la population |
Enfants scolarisés en ville |
|
3 à 6 ans |
1731203 |
830880 |
47,99 |
570112 |
|
3 à 5 ans |
1257 992 |
405453 |
32,23 |
321439 |
|
6 ans zerowka |
473211 |
425427 |
89,9 |
248673 |
|
Age des enfants
|
% des enfants vivant en ville |
Enfants scolarisés en zone rurale |
% des enfants vivant en zone rurale |
|
3 à 6 ans |
60,53 |
260 768 |
33,04 |
|
3 à 5 ans |
47,01 |
84 014 |
14,63 |
|
6 ans zerowka |
96,35 |
176 754 |
82,17 |
A partir de ce document statistique, on peut observer de fortes disparités territoriales avec, en milieu rural, une faible fréquentation des écoles qui y sont d'ailleurs moins nombreuses qu'en milieu urbain. Actuellement plus de 50 % des 3-6 ans la fréquentent en ville. Pourtant le nombre d'élèves baisse depuis la fin du communisme car elle n'est pas assez rentable économiquement et trop fatiguante pour les enfants en bas age.
7 à 10 ans : (classe I à III) Un enseignant pour toutes les disciplines (sauf pour religion, langues) En école privée, un professeur peut s'occuper uniquement des mathématiques, du polonais et de la découverte du monde (histoire, géographie, biologie, physique).
L'école peut avoir un intervenant en langue vivante, en arts plastiques, en sport et en musique. L'enseignant suit la même classe durant 3 ans.
Pour information, quelques centaines d'écoles seront fermées cette année à cause de la baisse démographique. Les autorités locales sont obligées de fermer des établissements où il n'y a que quelques élèves par classe. Les fermetures se heurtent aux protestations de parents ainsi qu'au mécontentement du MENiS (le Ministère de l'Education Nationale et du Sport) qui considère que certaines fermetures ne sont pas justifiées. Le problème touche toute la Pologne, mais toutes les localités essaient de le résoudre à leur façon. Par exemple à Gdansk, en contre partie des fermetures, on offrira aux élèves plus de possibilités pour apprendre les langues étrangères. Ainsi, depuis la rentrée chaque élève de première classe de l'école primaire aura la garantie d'avoir des cours d'une langue.
10 à 12 ans : (classe IV à VI) Un enseignement par matière. Un enseignant principal par classe règle tous les problèmes concernant la vie de la classe.
3) L'éducation dans le secondaire:
-Collège (=gimnazjum):
12 à 15 ans : (I à III) Un examen important conclut la scolarité.
Le « gimnazjum » a un cycle obligatoire d'enseignement général durant 3 ans et, en tant que tel, est conçu pour les jeunes adolescents ayant entre 13 et 16 ans. Il introduit l'enseignement sous forme d'une variété des matières la plus grande possible, matières étudiées au niveau élémentaire. L'un des objectifs de ce cycle est d'identifier les aptitudes et les intérêts des élèves. Au moment de terminer ce cycle d'enseignement, l'élève doit être capable de faire un choix rationnel concernant la suite de sa formation. Le test d'aptitude qualifiant les élèves pour l'entrée au lycée a le même but. A cette étape, l'adolescent fait son premier choix concernant la direction d'enseignement post-scolaire.
De plus, dans trois ans, chaque collégien pourra apprendre une deuxième langue étrangère, cela permettra de former les élèves dans un esprit d'ouverture à l'Europe.
Des aides financières sont accordées aux familles les plus pauvres; ainsi, Le gouvernement a décidé de créer le «Narodowy Program Stypendialny» [Programme National de Bourses]. Pour commencer, le budget a donné 258 millions de zlotys pour l’aide aux élèves. La somme est reçue par les communes suivant (pour chaque commune)le niveau de chômage, le revenu moyen dans la commune, ainsi que les résultats des examens extérieurs. Le Narodowy Program Stypendialny permettra de financer l’achat des manuels, des suppléments alimentaires, du ramassage scolaire, des cours de rattrapage et des cours supplémentaires de langues.
Jusqu’à présent 5% des élèves pouvaient bénéficier d’une aide matérielle qui ne faisait donc pas partie du système de «bourse».
L'Office Central de Statistiques (GUS), qui a mené des enquêtes à ce sujet, constate que seulement une famille sur dix a très peu ressenti les dépenses pour l'éducation des enfants dans son budget.
Dans la plupart des cas les parents ne paient pas leurs contributions au comité de parents d'élèves [cotisation annuelle sur laquelle on finance par exemple les repas pour les enfants des familles très pauvres]. On peut ainsi s'apercevoir que 18,7% des élèves renoncent aux cours supplémentaires dispensés à l'école et 12,8% aux cours particuliers privés.
Egalement, il apparaît que 5,6% des familles ne paient plus les repas de leurs enfants à l'école, ce qui permet de mettre en évidence la pauvreté à laquelle le pays doit souvent faire face.
-Lycée et école professionnelle :
Le lycée constitue une période d'enseignement secondaire qui se termine par l'examen national de maturité, appelé " matura "(équivalent du BAC français). Outre les sections classiques, les sections techniques ou économiques par exemple,ont été introduites, donnant aux élèves une orientation professionnelle. Egalement, il a été proposé de remplacer les écoles techniques actuelles par des lycées spécialisés dans le nouveau système.
Tous les lycées doivent obligatoirement suivre un certain nombre de matières au niveau avancé qui seraient testées pendant l'examen de maturité. L'autre part de programme d'études est composée des matières diverses qui sont testées dans la partie sélective de l'examen de maturité. En même temps, l'examen de maturité sert de base pour le recrutement à l'enseignement supérieur. Selon les nouveaux principes, les examens d'entrée dans les écoles supérieures seront supprimés et ce sont les notes obtenues à la Matura qui serviront de critère de choix des nouveaux étudiants; cependant, elles peuvent organiser un test d'entrée spécial qui aurait un rapport avec le cours particulier par exemple, pour tester le talent artistique, la forme physique.
Dans le nouveau baccalauréat, tout le monde a les mêmes sujets et les mêmes exercices qui seront vérifiés par des examinateurs extérieurs à l’établissement. (…) Tout le monde va corriger selon les mêmes critères. D’éventuelles sympathies ou aversions du professeur vis-à-vis de l’élève n’entreront pas en jeu. Avant, une très bonne note à l’examen de littérature dans une école peut avoir une autre valeur dans un autre établissement.
Les écoles professionnelles appelées «Technikum» vivent leur renaissance alors qu’elles devaient être rayées du paysage éducatif polonais. Ces écoles où l’apprentissage dure 5 ans et se termine par le baccalauréat ont été en grande partie liquidées. Pourtant les élèves sortant du collège sont de plus en plus nombreux à faire une école qui leur offre un métier sans avoir à passer par l’enseignement supérieur. En 2004 il y en a eu 4,7% de plus qu’en 2003.
L'école professionnelle, caractérisée par une grande diversité des matières pendant deux années de cycle d'enseignement, prépare ses titulaires de diplômes surtout au travail technique au cours de l'instruction semestrielle spécialisée, de manière à assurer leur flexibilité quant à l'adaptation aux besoins du marché du travail, extrêmement changeant.
Le lycée supplémentaire,durant deux ans, est destiné à des diplômés des écoles professionnelles qui prendraient une décision tardive de continuer leurs études secondaires aboutissant à l'examen de maturité.
Pour ce qui est des redoublements, ceux-ci sont très rare; les enseignants préfèrent faire passer un élève dans la classe supérieure, en lui faisant rattraper son retard au cours de l'année suivante. A noter que les parents des élèves ne sont pas concertés en cas de redoublement.
A la fin de chaque année, les élèves reçoivent un diplôme indiquant les notes pour chaque groupe disciplinaire. La notation est de 1 à 6 : La note de 6 est extrêmement rare , elle équivaut à une note de 20/20 (dans les écoles privées les notes vont de 0 à 100 ).
B)La réforme de l'éducation
La réforme du système scolaire polonais repose plus précisément sur deux lois: celle du 25 juillet 1998, complétée par celle du 8 janvier 1999 modifiée en 2002.
Cette réforme permet surtout à la Pologne de s'aligner sur les autres pays européens qui avaient un système éducatif bien plus performant.
1) Les objectifs de la Réforme:
La réforme avait trois objectifs :
-élever le niveau d’éducation de la société polonaise en réduisant les écarts géographiques et sociaux ;
-rendre l’accès au lycée et à l’enseignement supérieur plus égalitaire, par une réelle démocratisation de l’enseignement;
-promouvoir une meilleure qualité de l’enseignement pour répondre aux exigences européennes et aux défis posés par la mondialisation.
Pour cela, six modifications principales structurent la réforme:
prolonger la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans;
introduire un échelon éducatif nouveau entre l’école primaire et le lycée: le gimnazjum, équivalent du collège français mais qui ne comporte que trois niveaux. Ces établissements sont créés de toute pièce, en dehors des écoles primaires ancienne formule, notamment dans les campagnes démunies en infrastructures scolaires.
abaisser de 40% à 20% le pourcentage des jeunes gens orientés vers les écoles professionnelles à l’issue du gimnazjum équivalent du collège en France;
créer de véritables lycées professionnels qui dispensent des enseignements techniques et généraux et donneront accès à l’enseignement supérieur par l’intermédiaire d’un «bac professionnel»;
supprimer les examens d’entrée au lycée et à l’université, et mettre en place une nouvelle matura (équivalent du baccalauréat) gérée par l’échelon régional et non plus par chaque lycée (mesure reportée en 2005);
accroître l’autonomie des établissements et des enseignants dans les choix pédagogiques, dans la sélection des manuels et celle des options.
La réforme du système éducatif polonais avait ainsi pour but d'aboutir à
-l'augmentation de la
fréquentation du secondaire ainsi qu'une augmentation du
nombre de ceux qui s'inscrivent aux études supérieures,
-
des opportunités plus importantes et davantage d'égalité
quant à l'accès à l'éducation à
tous ses niveaux,
- le rétablissement de l'équilibre
entre la transmission des informations, le développement des
connaissances et le souci du développement de la
personnalité,
- une plus grande autonomie de l'école,
-
la promotion de la qualité de travail d'enseignant au moyen
des voies d'évaluation et l'introduction des écarts de
salaires adéquats,
- l'amélioration de la situation
financière de l'enseignement par l'augmentation des dépenses
budgétaires, ainsi que des revenus propres aux écoles,
-
l'établissement de liens entre l'école et la famille
ainsi que la communauté locale.
2) La réforme: échec ou succès ?
Cinq ans après la mise en place de la réforme de l'éducation, il est possible d'établir divers constats. La réforme a, certes, su apporter une nouvelle vision du système éducatif qui se calque sur ce qui se fait dans les autres pays européens (comme la création des gimnazjums par exemple) mais cela n'a pas eu que des cotés positifs et diverses améliorations doivent encore se mettre en place).
Ainsi, les statistiques pour l'année 2003 dans les pays de l'OCDE montrent que la Pologne a encore un retard conséquent vis à vis des autres pays et le niveau moyen des élèves est,quelque soit le critère pris en compte [test de connaissance/savoir mathématique et savoir scientifique], toujours inférieur à la moyenne de l'OCDE.


Dans la «vielle» Europe, en moyenne 75% des jeunes obtiennent la formation secondaire (le lycée), tandis qu'en Pologne, cela représente 91% des jeunes, cela semble montrer une certaine facilité d'obtention des diplômes .
Le problème en Pologne est la formation professionnelle des adultes ainsi que la formation des chômeurs. En Pologne le pourcentage des personnes suivant ces formes d’éducations est presque deux fois moins important que la moyenne dans l’UE.
Cependant, malgré ces chiffres plutôt pessimiste le niveau augmente depuis le début de la
réforme et les effets de celle-ci se feront sentir qu'à plus long terme (d'ici 2 ou 3 ans).
Quoi qu'il en soit, l'instabilité politique actuelle (changements fréquents du gouvernement
ministériel) ne permet pas d'aller vers un optimisme certain, bien que la plupart des ministres
du gouvernement sont pour la poursuite et l'achèvement de cette réforme de l'éducation.
II)LES ETUDES:
A) Présentation :
Les
établissements d’enseignement supérieur se
divisent en établissements d’état (publics) et
privés (non publics). Ces deux types d’établissements
travaillent selon les mêmes principes : ils offrent les
mêmes filières, ont des cycles identiques, réalisent
les mêmes programmes minimums, rassemblent les mêmes
documentations et ont les mêmes droits de délivrance de
titres professionnels.
Les études dans les écoles
supérieures publiques sont gratuites pour les étudiants
polonais (à l’exception des études du soir, du
week-end et par correspondance). Ces écoles reçoivent
l’aide de l’état sous forme de crédits pour
l’éducation des étudiants provenant de fonds
d’état, sous forme de systèmes de bourses et
d’échanges avec l’étranger dans le cadre
d’ententes internationales. Les écoles d’état
ont leurs traditions et tirent leur prestige et succès
scientifiques et didactiques de programmes d’enseignement
éprouvés. Elles disposent d’importants moyens en
personnels didactiques, en chercheurs et d’un arrière-plan
social en pleine expansion.
Les études dans les écoles
supérieures privées sont payantes. L’encadrement
de ces écoles se compose de professionnels de diverses
branches dotés d’une bonne expérience pratique.
Elles sont plus petites et donc plus souples, et peuvent modifier
plus souvent leurs programmes d’enseignement. Un statut
économique plus favorable leur permet de s’occuper de
plus près des étudiants qui leur sont confiés.
Ces écoles supérieures offrent souvent des foyers
d’étudiants équipés de façon
moderne et des installations sportives telles que salles de sport,
courts de tennis, salles de musculation.
Depuis 1998 existent encore en Pologne des écoles supérieures professionnelles qui se divisent aussi en établissements publics et privés. Elles forment des spécialistes de haut niveau dans des professions bien définies.
L’enseignement supérieur en Pologne se développe de façon dynamique. Durant les dix dernières années ont été ouvertes plus de 200 écoles supérieures et le nombre des étudiants est passé de 350 000 à plus de 1,8 million. Varsovie, Cracovie, Poznan, Wroclaw, Gdansk, Szczecin, Lódz et autres villes sont des centres universitaires traditionnels en Pologne. Mais d'autres ont aussi été créé de nouveaux à Pultusk, Nowy Sacz, Bialystok, Czestochowa, Dabrowa Górnicza, Ostrowiec Swietokrzyski, Bielsko-Biala, etc...Les écoles supérieures privées, créées à partir de 1991, répondaient à une demande du marché de l’éducation. Actuellement environ 210 écoles privées fonctionnent en Pologne, ce qui représente un phénomène à l’échelon européen. Ces écoles supérieures privées ont contraint les écoles supérieures publiques à vivre en concurrence, ce qui a eu pour effet d’améliorer la qualité de l’enseignement et de les pousser à se réformer selon les standards de «l’université d’entreprise» américaine. On le voit particulièrement dans les écoles polytechniques de Varsovie, Cracovie, Wroclaw, Poznan ou Gdansk qui sont devenues des universités techniques modernes.
L’accréditation est l’ outil indispensable du contrôle de la qualité du marché de l’éducation. C’est la Commission Nationale d’Accréditation qui veille à la qualité de l’enseignement dans les écoles supérieures et qui se compose de dix sections, chacune versée dans une filière. Toutes les écoles supérieures qui obtiennent une autorisation d’activité ont le droit de délivrer des diplômes d’état. Le rôle de l’accréditation est de veiller à ce que toutes les institutions éducatives délivrant des diplômes satisfassent à un cahier des charges particulier.
Les écoles d'études supérieures recrutent des élèves qui ont fini leurs études secondaires pour deux types d'établissements : les écoles professionnelles d'enseignement supérieur et les écoles universitaires d'enseignement supérieur qui offrent des cours de premier degré durant en moyenne 6 à 8 semestres ou des cours uniformes de maîtrise durant 10 à 12 semestres.
Des diplômés des deux types d'études supérieures, professionnelles et universitaires de premier degré, peuvent continuer leurs études afin d'obtenir la maîtrise pendant 3 à 5 semestres de cours.
Les écoles d'études supérieures recrutent des élèves qui ont fini leurs études secondaires pour deux types d'établissements : les écoles professionnelles d'enseignement supérieur et les écoles universitaires d'enseignement supérieur qui offrent des cours de premier degré durant en moyenne 6 à 8 semestres ou des cours uniformes de maîtrise durant 10 à 12 semestres.
Des diplômés des deux types d'études supérieures, professionnelles et universitaires de premier degré, peuvent continuer leurs études afin d'obtenir la maîtrise pendant 3 à 5 semestres de cours.
B)Les échanges internationaux
1) Les différents programmes :
Les échanges internationaux entre étudiants sont organisés à travers différents programmes qui permettent la mobilité des étudiants dans divers pays.
Il existe notamment les programmes ERASMUS, LEONARD DE VINCI et SOCRATES.
Ainsi, des étudiants polonais peuvent partir pour un ou deux semestres dans une université étrangère; Cela permet notamment aux étudiants de s'ouvrir aux autres pays européens.
Des bourses sont souvent accordées par les universités polonaises, mais elles sont toutefois souvent faibles d'où la nécessité de faire appel à d'autres organismes (consulat, organismes privées...)..
A contrario, les universités polonaises reçoivent elles aussi de nombreux étudiants étrangers et font des efforts quant à l'accueil que ces derniers peuvent recevoir.
2) Mobilité polonaise à l'étranger
Presque la moitié des étudiants des prestigieuses écoles supérieures de Varsovie veulent quitter la Pologne pour travailler à l'étranger. 84% voudraient partir ailleurs pour y passer un an ou deux. Ce sont les résultats de l'enquête réalisée par l'institut Student News et l'Institut de Sociologie de l'Université de Varsovie. Les jeunes considèrent qu'ils n'ont pas de chances pour faire une carrière et pour gagner un salaire satisfaisant. « Ces résultats nous ont étonnés. Nous ne pensions pas que tant de jeunes veulent partir et qu'ils estiment aussi mal leurs perspectives. Nous continuerons à analyser comment cela change à différentes étapes de l'adhésion à l'Union Européenne » dit Grzegorz Sygnowski de l'Institut de Sociologie de l'Université de Varsovie. Les plus nombreux à vouloir partir sont les étudiants de Szkoła Główna Handlowa. « A quoi nous sert de finir la meilleure école économique, de connaître des langues vivantes et d’avoir suivi des stages à l’étranger ? Dans les meilleurs des cas nous pouvons trouver un travail à 1700 zlotys. Ça ne m’intéresse pas » dit l'un d'eux. Le professeur Piotr Weglenski, Recteur de l'Université de Varsovie, craint que l'entrée de la Pologne dans l'Union Européenne puisse favoriser les départs des jeunes les plus doués. « Si la stagnation économique se maintient chez nous, cela peut être dangereux » affirme-t-il.
Mobilité des étudiants polonais dans le cadre des programmes SOCRATES / ERASMUS:
(SOURCE: EURYDICE)
|
Pays de l'UE |
1998/1999 |
1999/2000 |
2000/2001 |
2001/02 |
|
Germany |
500 |
972 |
1190 |
1393 |
|
France |
168 |
334 |
529 |
624 |
|
United Kingdom |
151 |
227 |
281 |
262 |
|
Holland |
139 |
218 |
207 |
243 |
|
Belgium |
124 |
162 |
218 |
230 |
|
Italy |
71 |
160 |
252 |
304 |
|
Spain |
63 |
165 |
245 |
319 |
|
Finland |
44 |
135 |
174 |
188 |
|
Denmark |
82 |
158 |
159 |
197 |
|
Sweden |
32 |
97 |
143 |
192 |
|
Portugal |
22 |
61 |
119 |
152 |
|
Greece |
5 |
56 |
77 |
96 |
|
Austria |
22 |
46 |
61 |
73 |
|
Ireland |
3 |
22 |
35 |
50 |
|
Luxemburg |
0 |
0 |
1 |
0 |
|
Total |
1426 |
2813 |
3691 |
4323 |
Au vu des statistiques; il apparaît que les étudiants polonais se dirigent avant tout vers les pays limitrophes (Allemagne, Autriche et Suède) ayant un fort développement économique.
On peut également remarquer que ces pays sont tous des pays européens.
-Pourcentage des étudiants polonais parmi l'ensemble des étudiants étrangers vivants dans un pays donné :
(Source: OCDE 2002)
Allemagne..........................5,4%
Autriche.............................3,4%
Suède.................................2,8%
Islande................................2,5%
Danemark...........................2,0%
Italie...................................1,8%
France.................................1,4%
Ex.: 5,4% des étudiants étrangers de l'enseignement tertiaire d'Allemagne sont des ressortissants Polonais.
Mais, pour qu'il y ait des« échanges internationaux », il faut aussi qu'il y ait des étudiants étrangers qui viennent étudier en Pologne.
Mobilités étrangères en Pologne
Selon les donnés de GUS [Office Central des Statistiques], il y a eu l’année dernière 8160 étudiants étrangers qui vivaient en Pologne.
A partir de ce constat, on peut se demander d'où viennent ces étudiants pour lesquels la Pologne représente un certain attrait.
-A l'échelle intercontinentale:
- CONTINENT- %
AFRIQUE...........................................3,7%
ASIE.................................................15,1%
EUROPE...........................................72,7%
AMERIQUE DU NORD.....................7,7%
OCEANIE...........................................0,1%
AMERIQUE DU SUD........................0,8%
TOTAL..............................................100%
(Source : OCDE/2002)
D'après l'OCDE, environ 3 étudiants étrangers sur 4 sont issus de l'Europe. On peur également remarquer que 15% des étudiants étrangers sont originaire d'Asie, ce qui n'est pas étonnant au vu de la situation géographique de la Pologne.
Mais, on peut se demander de quels pays viennent majoritairement les étudiants. Et, si l'on analyse les rapports de l'OCDE, on peut s'apercevoir que se sont les Etats-Unis qui envoient chaque année le plus d'étudiants vers la Pologne, suivis de la Norvège et de la Russie. Ces résultats montrent l'attractivité que représente la Pologne: Ainsi, sur les 5 pays les plus représentés au sujet de la population étudiante étrangère vivant en Pologne, 4 ont un niveau de vie bien plus élevé que celui existant en Pologne.
-Pourcentage d'étudiants d'un pays donné (membre de l'OCDE), vivant en Pologne :
(Source: OCDE 2002)
Etats-Unis.................................5,9%
Norvège....................................5,2%
Fédération de Russie.................3,9%
Allemagne.................................1,8%
Canada......................................1,6%
Suède........................................1,3%
Ex.: 5,9% des étudiants étrangers dans l'enseignement tertiaire de Pologne sont des citoyens issus des Etats-Unis.
Cependant, il ne faut pas se montrer trop optimiste car se sont les pays les plus riches et les plus développés qui peuvent mettre en place des systèmes d'échanges très développés.
-A l'échelle Européenne:
Si l'on se place à une échelle plus petite (celle de l'Europe) , il apparaît que l'arrivée d'étudiants étrangers en Pologne est en constante augmentation depuis 1998.
Comme nous l'a montré le précédent document, l'Allemagne est l'un des principaux pays qui envoie des étudiants, pour des programmes d'échanges , vers la Pologne.
-Mobilité des étudiants européens en Pologne :(SOURCE:EURYDICE)
|
Pays de L'UE |
|
1998/99 |
1999/2000 |
2000-2001 |
Total |
|
Germany |
DE |
51 |
119 |
153 |
323 |
|
France |
FR |
41 |
92 |
98 |
231 |
|
Spain |
ES |
12 |
30 |
78 |
120 |
|
Italy |
IT |
11 |
33 |
70 |
114 |
|
United Kingdom |
UK |
34 |
44 |
31 |
109 |
|
Finland |
FI |
14 |
30 |
42 |
86 |
|
Belgium |
BE |
22 |
26 |
27 |
75 |
|
Portugal |
PT |
5 |
22 |
39 |
66 |
|
Holand |
NL |
16 |
21 |
27 |
64 |
|
Sweden |
SE |
7 |
24 |
21 |
52 |
|
Denmark |
DK |
6 |
5 |
11 |
22 |
|
Austria |
AT |
1 |
7 |
9 |
17 |
|
Greece |
GR |
0 |
8 |
8 |
16 |
|
Ireland |
IRL |
0 |
4 |
0 |
4 |
|
Luxemburg |
LUX |
0 |
1 |
0 |
1 |
|
Total |
|
220 |
466 |
614 |
1300 |
Les mobilités étudiantes sont donc en constante augmentation que ce soit pour les étudiants immigrants vers la Pologne que pour les étudiants émigrants vers les pays étrangers et cela, grâce à de nombreux programmes d'échanges.
Mais, ces programmes d'échanges permettent-ils aux étudiants polonais d'avoir l'assurance d'obtenir un un emploi équivalent à leur formation ?
C)L'installation sur le marché du travail :
L'installation sur le marché du travail demande souvent aux étudiants polonais de réaliser un véritable parcours du combattant.
-Attentes professionnelles à l'âge de 30 ans des élèves de 15 ans (Source: OCDE/2000)

Pourtant, les statistiques sur les attentes professionnelles à l'âge de 30 ans des élèves de 15 ans espérant exercer un métier intellectuel ou manuel sont très encourageantes. Ainsi, les élèves polonais semblent être (à 15 ans ) bien plus motivés que les élèves français pour exercer un emploi intellectuel hautement qualifié.
Malgré cela, une
certaine « peur » est perceptible chez les
étudiants polonais qui se posent de nombreuses questions sur
leur avenir.
Ainsi, 60 % des jeunes ne voient pas d’avenir pour eux en Pologne et sembleraient plutôt attirés vers les pays de l'Europe occidentale. D'après l’institut de sondage Pentor (sondage paru dans l'hebdomadaire polonais WROST), 60% des polonais âgés de 15 à 29 ans voudraient partir à l'ouest pour y travailler. Il y en a autant qui voudraient y étudier.
En même temps, 77 % des personnes interrogées pensent qu’à l'ouest ils trouveraient plus facilement un travail. (…)La raison de ces volontés d'émigration , explique l'hebdomadaire serait que le pays est trop socialisé et trop « régulé » ce qui freinerai la carrière des jeunes polonais ainsi que le développement du pays.
Cependant, le diplôme des études supérieures reste jusqu’à présent le meilleur bouclier contre le chômage. Pourtant, dernièrement, c’est parmi les jeunes titulaires de la licence ou de la maîtrise que le taux de chômage augmente le plus vite.
Par exemple, dans les régions de Kielce et Lublin, un jeune sur trois qui cherche du travail est diplômé d’une école supérieure. Il est toujours plus facile de trouver un poste en Mazovie. Pourtant là aussi il y a de plus en plus de chômeurs diplômés. Si en 2000, une personne sur dix sortant de l’école et se retrouvant au chômage avait un diplôme supérieur, aujourd’hui c’est le cas d’une personne sur quatre. C’est dans la région de Podkarpacie que des jeunes sortant des écoles professionnelles avec le baccalauréat ou des diplômés des écoles post-lycéennes [équivalent BTS en France] ont le plus de mal à trouver du travail. Les personnes diplômées d’une école professionnelle sans le baccalauréat [équivalent CAP] se retrouvent dans la situation la plus difficile en Grande Pologne.
Il apparaît, au vu du tableau ci-dessous, que la Pologne garde longtemps ces élèves dans son système éducatif, puisque plus de la moitié des étudiants polonais âgés de 20 à 24 ans sont encore scolarisés (53,8% de jeunes polonais contre 37,5% dans le reste de l'OCDE).Cela paraît être, à première vu, un élément très positif du système éducatif polonais; Cependant, le niveau de chaque élève est bien moins inférieur (pour la même année) en Pologne que dans le reste de l'Europe [voir tableaux I)B)2)].
Cela dénote donc une sélection trop peu rigoureuse des élèves au niveau du lycée (surtout) et de l'enseignement supérieur. Ce phénomène peut, sans doute, avoir pour cause le très faible taux d'élèves redoublants en Pologne.
Pourcentage de jeunes âgés de 20 à 24 ans, selon le niveau de formation, le statut professionnel et le sexe : (SOURCE: OCDE/2002)



Egalement, on peut remarquer que les étudiants polonais (ayant entre 20 et 24 ans) arrêtant leurs études, ont des chances bien moins importantes de trouver un travail par rapport aux autres pays de l'OCDE.
Ainsi, le taux de chômage pour un jeunes étudiant polonais est de 15,1% contre 5% dans les autres pays membre de l'OCDE. De plus, le chômage est plus important chez les hommes que chez les femmes; il apparaît cependant que le taux de jeunes femmes inactives est plus élevé par rapport aux hommes (sans doute du à l'age de la première grossesse chez une femme polonaise).
On peut donc déduire des différentes statistiques que la plupart des jeunes polonais ont une réelle volonté de réussir dans leur vie professionnelle, mais que cela est bien plus difficile dans la réalité....surtout dans un pays où le taux de chômage moyen est de l'ordre de 20%.
III)L'ENSEIGNEMENT
A)Une profession contraignante
La profession d'enseignant en Pologne est assujettie à de nombreuses contraintes qui font que ce métier n'est pas très valorisant pour un étudiant qui voudrait le devenir.
Tout d'abord, les revenus sont plutôt faibles , bien que ceux-ci augmenteront en moyenne de 2,22% cette année selon le projet du MENiS(c’est un peu plus que l’inflation de 2% planifiée pour cette année).
|
|
Ainsi les salaires de base pour les enseignants se présenteront de la manière suivante :
Enseignant stagiaire: 1102 zlotys brut (au lieu de 1078 zł)
Enseignant sous contrat: 1306 zlotys brut (au lieu de 1278 zł)
Enseignant nommé: 1653 zlotys brut (au lieu de 1617 zł)
Enseignant diplômé: 1984 zlotys brut (au lieu de 1941 zł)
Nota: 1 zloty=0,23 €uros
Les enseignants qui veulent monter les échelons doivent faire preuve de prudence; en effet, on préfère engager des stagiaires au lieu d’enseignants diplômés qui coûtent plus cher.
Ainsi, le magazine « Gazeta Wyborcza » présente le cas d’une enseignante de Silésie qui durant les trois dernières années enseignait l’économie. Au moment où elle a atteint le troisième échelon : nauczyciel mianowany [enseignant en titre], elle a été licenciée. La directrice de l’établissement, justifiant sa décision en lui disant qu'elle lui coûtait trop cher (l’enseignante devrait être augmentée de 300 zlotys). Or, l’attitude de la directrice a été tout à fait légale : C’est le directeur qui décide qui l'embauche. Le cas n’est pas sans précédent et le phénomène semble assez répandu.
De plus,il apparaît que les classes accueillent de plus en plus d'élèves....et cela peut aller jusqu'à 35/40 élèves par classes.
Ces condition mettent en évidence les lacunes du système éducatif polonais. Les classes surchargées ne font que montrer le manque de moyen des établissements scolaires financés et administrés (depuis 1996) par des villes elles aussi en manque de moyen.
Cependant, le nombre de professeurs augmentent, mais ces effectifs augmentent moins vite que ceux du nombre d'élèves par classe, ce qui expliquerait aussi le phénomène de classes « surchargées »..
-Les
effectifs d’enseignants
|
|
1995-96
|
2000/01
|
2001/02
|
2002/03
|
|
Primaire
|
323 500
|
226 400
|
232 000
|
242 400
|
|
gimnazjum
|
|
70 100
|
123 900
|
129 400
|
|
secondaire
|
123 400
|
135 300
|
158 300
|
146 400
|
- la baisse des effectifs d’élèves au primaire s’accompagne d’une baisse du nombre d’enseignants, stabilisée en 2002/2003 ;
-l’accroissement régulier du corps enseignant secondaire (+ 25 000 entre 1995 et 2001) suivi d’une décrue en 2002/2003 lorsque les lycées abritent des formations en 3 ans et non plus 4.
Egalement, d'après les résultats d'un rapport du CODN[Centralny Osrodek Doskonalenia Nauczycieli] ,un professeur des langues sur six n’aurai pas de qualifications suffisantes pour enseigner (en 2002-2003).Dans les écoles polonaises il y actuellement 44 000 professeurs de langues. C’est 7 000 de plus qu’il y a deux ans, mais c’est un nombre toujours insuffisant.
Dans les lycées on dénombre 53% de professeurs d’anglais, 31% d’allemand, 9% de russe et 7% de français. D’après le recensement du MENiS/EWIKAN 2002, deux professeurs d’anglais sur dix n’ont pas de qualifications suffisantes pour enseigner. La situation est bien meilleure chez les germanistes, mais se sont les professeurs de français qui ont le niveau de formation le plus élevé. Il y en a seulement 4,3% avec des diplômes insuffisants.
Le manque de professeurs, ainsi que le surplus d'élèves, mettent en lumière les difficultés du monde enseignant pour transmettre les savoirs linguistiques aux élèves.A cela, il faut ajouter les relations élèves-professeurs lors des examens où ces derniers sont parfois accusés d'aider leurs élèves pour permettre d'augmenter la réputation de l'établissement.
Ainsi, 21% des élèves de sixième (dernière classe du collège) avouent avoir triché lors du contrôle des compétences .Selon l'Institut des Affaires Publiques [Instytut Spraw Publicznych], il faudrait faire participer aux épreuves des observateurs indépendants pour remédier à ce problème.
Egalement, de 30 à 40% des enseignants interrogés avouent avoir changé leur manière d’enseigner après l’introduction des nouveaux examens où les professeurs ne sont plus en contact avec leurs élèves.A l’approche des examens ils font surtout des tests avec leurs élèves au lieu de réaliser le programme en cours. Une bonne place dans les palmarès signifie non seulement la gloire pour l’établissement mais aussi une meilleure situation financière.
On a donc une profession d'enseignant qui n'est pas simple avec des classes surchargées, des enseignant parfois pas assez compétent et des salaires très peu attractifs.
Cependant, des améliorations peuvent être observées.
B) Des améliorations notoires:
Au niveau de l'état, on peut observer que les dépenses publiques en faveur de l'éducation en pourcentage du PIB sont plus élevées par rapport à la moyenne des dépenses publiques accordées dans les autres pays de l'OCDE.
La grande partie des dépenses annuelles par élèves est concentrée vers l'enseignement supérieur au dépend des écoliers, collégiens et lycéens.
Dépenses
d’enseignement (1999)
|
|
Dépenses publiques en % du PIB |
Dépenses annuelles par élève en US $ |
||
|
Primaire |
Secondaire |
Supérieur |
||
|
France |
5,88 |
3752 |
6605 |
7226 |
|
Pologne |
5,35 |
1496 |
1438 |
4262 |
|
Moyenne OCDE |
5 |
3940 |
5294 |
9063 |
De plus, les enseignants des écoles privées semblent être plus avantagés avec des classes plus réduites (environ 20 élèves par classe) et des équipements informatiques et scientifiques plus nombreux permettant ainsi d'avoir des cours mettant plus l'accent sur la pratique que sur l'aspect théorique, chose qui est souvent réclamé par les jeunes polonais du public.
Actuellement il y a en Pologne presque 10 % d'établissements scolaires du primaire et du secondaire qui ne sont pas publiques. Cela représente 1400 écoles primaires, collèges et lycées, alors qu’en 1989 il n’y en avait que 12, tels sont les résultats des enquêtes issues de l' Institut des Affaires Publiques. Les proportions parmi les types d’écoles ne sont pas égales : alors que les lycées privés constituent 20% des lycées polonais, les collèges ne font que 8% et les écoles primaires à peine 2,6 %.
A noter, également qu'il y a une réelle volonté de participer au développement de l'Europe via des actions entre établissements européens comme le projet Comenius. Le tableau ci-dessous montre les pays avec lesquels les enseignants et élèves polonais ont des projets en communs et met ainsi en évidence les liens qui unissent la Pologne aux autres pays européens.
Mobilité des professeurs et élèves polonais dans les classe participant au projet COMENIUS en 2001/2002 et 2002/2003:
|
School year |
2001/02 |
2002/03 |
||||||||||
|
Action |
Comenius school project |
Comenius language project |
School development project |
Comenius school project |
Comenius language project |
School development project |
||||||
|
Country |
T |
P |
T |
P |
T |
P |
T |
P |
T |
P |
T |
P |
|
Austria |
38 |
10 |
|
|
2 |
|
56 |
42 |
5 |
22 |
14 |
4 |
|
Belgium |
34 |
3 |
7 |
38 |
|
|
56 |
33 |
11 |
63 |
4 |
4 |
|
Bulgaria |
10 |
6 |
|
|
|
|
5 |
2 |
|
|
2 |
2 |
|
Cyprus |
8 |
|
|
|
|
|
1 |
|
|
|
|
|
|
Czech Republic |
55 |
17 |
|
|
|
|
38 |
35 |
|
|
|
|
|
Denmark |
48 |
15 |
|
|
3 |
|
16 |
4 |
9 |
45 |
2 |
1 |
|
Estonia |
17 |
4 |
|
|
|
|
7 |
2 |
|
|
1 |
|
|
Finland |
56 |
22 |
|
|
5 |
|
52 |
40 |
4 |
20 |
2 |
|
|
France |
95 |
27 |
11 |
125 |
2 |
2 |
130 |
101 |
27 |
151 |
7 |
2 |
|
Greece |
18 |
6 |
|
|
9 |
|
32 |
26 |
|
|
6 |
4 |
|
Spain |
109 |
34 |
3 |
20 |
|
|
99 |
42 |
3 |
30 |
10 |
|
|
Holland |
71 |
17 |
|
|
2 |
|
56 |
42 |
4 |
15 |
1 |
|
|
Iceland |
6 |
3 |
|
|
|
|
|
|
|
|
2 |
|
|
Ireland |
20 |
4 |
|
|
2 |
|
22 |
4 |
|
|
2 |
|
|
Lithuania |
11 |
4 |
|
|
|
|
|
16 |
|
|
|
|
|
Luxemburg |
6 |
3 |
|
|
|
|
2 |
|
|
|
|
|
|
Latvia |
16 |
3 |
|
|
1 |
|
15 |
16 |
|
|
|
|
|
Malta |
8 |
2 |
|
|
|
|
3 |
2 |
|
|
4 |
|
|
Germany |
282 |
118 |
26 |
124 |
8 |
|
267 |
165 |
40 |
192 |
27 |
16 |
|
Norway |
28 |
4 |
|
|
1 |
|
35 |
12 |
|
|
4 |
2 |
|
Portugal |
57 |
11 |
2 |
15 |
|
|
57 |
37 |
10 |
47 |
2 |
|
|
Rumania |
6 |
3 |
|
|
|
|
32 |
22 |
|
|
2 |
|
|
Slovakia |
17 |
4 |
|
|
|
|
19 |
13 |
|
|
2 |
|
|
Slovenia |
10 |
|
|
|
|
|
15 |
10 |
|
|
6 |
2 |
|
Sweden |
49 |
16 |
|
|
2 |
2 |
46 |
37 |
|
|
2 |
2 |
|
Hungary |
33 |
5 |
|
|
|
|
15 |
15 |
|
|
2 |
2 |
|
United Kingdom |
113 |
42 |
11 |
49 |
4 |
|
75 |
40 |
|
|
16 |
|
|
Italy |
191 |
48 |
20 |
122 |
2 |
|
199 |
139 |
7 |
44 |
13 |
5 |
|
TOTAL |
1412 |
431 |
80 |
493 |
43 |
4 |
1370 |
897 |
120 |
629 |
133 |
46 |
T – teachers(enseignants) ; P – pupils(élèves)
Enfin, des améliorations ont lieu sur la diversité des langues apprises par les élèves, le russe perd son ancienne hégémonie au profit des langues européennes à tel point que l'enseignement se retrouve parfois en pénurie d'enseignants de langues..
Ainsi,presque deux tiers des élèves ont des cours obligatoires d'anglais. En 2002/2003 leur nombre a dépassé pour la première fois 60%.L'allemand vient en deuxième position avec 34,8% des apprenants. Les deux langues gagnent du terrain au détriment du russe, qui est enseigné surtout dans les écoles professionnelles et atteint 46%. Le russe est le plus populaire à l'est du pays et l'allemand dans la région de Zielona Góra et Gorzów Wielkopolski. Le français en tant que matière obligatoire est enseigné auprès de 4% des élèves. Dans les écoles polonaises il y a actuellement 44 000 enseignants de langues et ce n'est pas encore un nombre suffisant. Dans les années 2000-2002, 7000 enseignants furent embauchés et tous les professeurs ont la formation adéquate (études supérieures et préparation pédagogique). Excepté pour 20% des anglicistes.
En conclusion, nous pouvons dire que le système éducatif s'est « européanisé », il y a eu une perte des caractéristiques particulières du système éducatif polonais bien que certaines d'entre elles subsistent. Les réformes engagées ont certes créé un profond changement, mais le manque d'expérience de beaucoup de professeurs , le chômage excessif à la sortie des études et le manque de sélections durant les études freinent les avancés effectuées en matière d'éducation.
On observe donc que le système éducatif tend à s'harmoniser petit à petit avec les autres pays européens via les échanges internationaux et la nouvelle structure éducative mise en place lors de la réforme de 1999.
Enfin, notons que les élèves polonais ne s’identifient pas avec leurs écoles dans la plupart des pays, seulement un élève sur quatre a un faible sentiment d’appartenance à son école, alors qu'en Pologne , il y en a plus de 40%....c'est un des effets néfastes qu'implique l'européanisation du système éducatif polonais, ce qui peut nous amener à nous questionner sur le rôle que pourra avoir la jeunesse polonaise dans l'avenir de son pays .